Hello !

Je reviens un peu dans les spécialités turques. En fait, je ne saurais vraiment confirmer si ce plat est une « spécialité turque » mais je sais juste vous dire qu’il est également réalisé dans beaucoup d’autres pays (chez les arméniens, les kurdes, etc…). On va plutôt le mettre dans « spécialité culinaire religieuse« .

Pour la petite histoire….


En effet, ce plat est réalisé le 10 ème jour du mois Muharrem (premier mois). Selon les croyances musulmanes, il s’est déroulé beaucoup d’événements ce jour précis et que Dieu aurait réalisé énormément de voeux ce jour là.

Le mois Muharrem est l’un des 4 mois le plus bénéfique selon les croyances musulmanes. Selon lesdites croyances, jeûner le premier jour du mois Muharrem équivaut à jeûner tous le reste de l’année [après le mois du ramadan, le jeûne le plus important est celui du mois Muharrem].


Bon, sortons des conversations religieuses. Ma maman m’a parlé de l’histoire de ce plat et c’est également l’histoire que j’ai retrouvé dans le livre « La Bâtarde d’Istanbul » [Elif Safak], ma dernière lecture [quelle coïncidence !].


Ce plat est également un plat de partage. Tout le monde en prépare pour en amener à ses voisins, ses amis et distribuer aux nécessiteux [évidemment, cela fait plusieurs sortes d’Asure à table].

Je vous mets le passage du livre concernant l’arche de Noé. C’est un passage qui m’a vraiment plu, la tante expliquant à sa petite nièce l’origine de ce plat.

Il fut, et ne fut pas, un temps, dans un pays pas si lointain, ou des êtres humains aux manières détestables traversaient une époque difficile. Après avoir assisté à leur déchéance suffisamment longtemps, Allah décida de leur envoyer Noé comme messager, afin de corriger leurs manières et de leur offrir une chance de se repentir. Mais Noé eut beau prêcher la parole divine, personne ne l’écouta et ses mots furent couverts de blasphèmes. On le traita de fou, de dément et de lunatique. Mais ce fut la trahison de sa femme qui anéantit Noé. Car sa femme se joignit aux païens. Durant huit cents ans, Noé lutta pour se faire entendre d’elle et de son peuple… en vain. Ne me demandez pas pourquoi il attendit si longtemps. Qu’il vous suffise de savoir que le temps n’est qu’une goutte dans l’océan, et qu’on ne peut mesurer une goutte à l’aune d’une autre pour savoir laquelle est la plus grosse. Voyant que Noé ne parvenait pas à ramener son peuple dans le droit chemin, Dieu finit par lui envoyer l’ange Gabriel. « Construis un vaisseau, lui murmura l’ange à l’oreille, et emporte avec toi un couple de chaque espèce… ».
Fort heureusement, il se trouvait quelques personnes de bonne volonté, de toutes les confessions, que Noé put prendre dans son arche. David était là, de même que Moïse, Salomon, Jésus, et, la paix soit avec Lui. Mohammed.
Quand il n’y eut plus ni homme ni bête à embarquer, Allah commanda : « Ô Ciel ! Il est temps ! Verse ton eau. Ne te retiens plus. Envoie-leur ta colère ! Ô terre, rejette cette eau, ne l’absorbe pas ». De sorte que personne ne survécut au déluge, en dehors des protégés de Noé.
Ils voguèrent des jours et des nuits. Bientôt, la nourriture vint à manquer. « Apportez-moi tout ce que vous avez », ordonna alors Noé à tous les habitants de l’arche. Et ils le firent ; animaux et humains, oiseaux et insectes, gens de différentes confessions, tous apportèrent le peu de vivre qu’il leur restait. On mélangea le tout dans une énorme marmite et c’est ainsi que le asure fut inventé.
Selon elle, chaque événement important de l’histoire du monde remontant au jour du asure.
« C’est ce jour-là qu’Allah accepta le repentir d’Adam. Que Yunus fut relâché par les dauphins qui l’avaient avalé, que Rumi rencontra Shams, que Jésus monta au ciel, et que Moïse reçu les Dix commandements… 

 


La recette de l’aşure est également partagée dans ce livre. Elle ressemble beaucoup à la notre (que je partage plus bas). Ma maman me dit qu’il existe autant de version d’Aşure qu’il existe de personne qui le font. Tout le monde varie ses quantités selon les ingrédients préférés et selon les produits qui traînent dans leur placards. Mais attention, c’est vrai que c’est un plat dans lequel on mélange énormément d’ingrédients (selon l’histoire de l’arche de Noé il y aurait 40 ingrédients rappelant les 40 jours), mais n’ayez pas l’envie de rajouter d’autres ingrédients qui changeront le goût et la texture finale de ce plat. Certains rajoutent de l’eau de rose également. Ce qui n’est pas le cas chez nous.

Je connais des gens qui préfèrent ce plat en version « soupe », d’autres qui préfèrent le manger de façon un peu plus « pudding », ou « compote ». Chez moi, il a nettement plus la texture d’une compote qu’une soupe. A vous de varier les quantités d’eau.


Il y a également deux manières de préparer ce plat.

  1. Chez moi, ma mère met tous les ingrédients et les fait cuire tous ensemble, sert le tout décoré de  noisettes moulues, cannelle et graines de grenade.
  2. Chez ma tante par exemple, elle ne fait cuire que les pois chiches, le blé et le riz avec l’orange et quelques épices et sert le plat décoré avec les pistaches, la cannelle, les fruits secs et la grenade.

Ingrédients :

  • ½ tasse de pois chiches
  • 1 tasse de blé concassé
  • 1 tasse de riz blanc
  • 1 ½ tasse de sucre
  • 1 de noisettes grillées
  • ½ tasse de pistaches
  • 1 boîte de maïs
  • ½ tasse de pignons de pin
  • 1 cuillère à café de vanille en poudre
  • 3 tasses d’eau
  • ½ tasse de raisins secs
  • 1 tasse de figues sèches
  • 1 tasse d’abricots secs
  • 1 tasse de noix
  • 1 orange

Garniture :

  • cannelle
  • poudre de noisette
  • graine de grenade

La veille :

  • Faire tremper les ingrédients dans des récipients séparés
  1. Couvrir les pois chiches dans de l’eau froide et laisser macérer toute une nuit
  2. Rincer le blé et le couvrir dans une autre terrine toute une nuit
  3. De même avec le riz
  4. Hacher les figues séchées, les abricots secs. Mélanger aux raisins secs et réserver.

Le jour J :

  1. Couvrir les pois chiches dans de l’eau froide et porter à ébullition.
  2. Faire cuire à feu moyen durant une heure jusqu’à ce que les pois soient tendres.
  3. Dans une autre marmite, faire bouillir trois litre d’eau avec un peu de sel et rajouter le blé et le riz et faire cuire à feu doux en remuant sans cesse, ceci durant une bonne heure. Il faut que le riz et le blé soient tendre.
  4. Couper en petit morceaux les lamelles d’oranges et réserver le jus du fruit.
  5. Porter à ébullition à feu moyen durant une trentaine de minutes, en remuant constamment l’eau, le sucre, les noisettes, les pistaches, les noix et les pignons de pin. Le mélange doit épaissir.
  6. Prendre une grosse marmite et mettre dedans les pois chiches, le riz, le blé, le maïs, le mélange de sucre, noisettes, pistaches, noix et pignons et rajouter la vanille, les figues, les raisins et les abricots. Laisser cuire 20 minutes encore en mélangeant constamment.
  7. A dix minutes de la fin, rajouter le jus d’orange ainsi que les écorces.
  8. Rectifier la texture de l’asure en rajoutant un peu d’eau si nécessaire.
  9. Laisser refroidir le asure à température ambiante. 
  10. Servir dans des verrines et saupoudrer le tout de cannelle, de noisettes en poudre et de graines de grenade.

 

 

11 thoughts to “Aşure [Achoura]

  • Colinette

    Une belle histoire que celle que tu nous contes..qui rassemble les religions..assez semblable a celle racontée dans notre bible.comme quoi musulman ou chrétien.. sommes nous si différents?
    un grand merci

    Répondre
  • Colinette

    Une belle histoire que celle que tu nous contes..qui rassemble les religions..assez semblable a celle racontée dans notre bible.comme quoi musulman ou chrétien.. sommes nous si différents?
    un grand merci

    Répondre
  • Jülide

    je préfère la version soupe! mais y a pas à dire c'est vraiment très bon

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  • Jülide

    je préfère la version soupe! mais y a pas à dire c'est vraiment très bon

    Répondre
  • laura

    original ce plat ! très joli en tout cas

    Répondre
  • laura

    original ce plat ! très joli en tout cas

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  • Cigdem Demir Cigi

    merci beaucoup Laura ^^
    c'est très connu dans les pays orientaux de part la religion mais j'avoue que c'est très original 😀

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  • Cigdem Demir Cigi

    ben sevmiyorum ya `^^' annem durmadan 10 kilo yapiyor 😛 babam zorla bitirmek zorunda sonra ahahah 😀

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  • Cigdem Demir Cigi

    ben sevmiyorum ya `^^' annem durmadan 10 kilo yapiyor 😛 babam zorla bitirmek zorunda sonra ahahah 😀

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  • Cigdem Demir Cigi

    Coucou ma colinette ! Je suis contente d'avoir un petit message de ta part. Je pense la même chose, tout est semblable, nous ne sommes pas différents mais cherchons tous des différences… Je trouve que l'histoire de ce plat est magnifique car il parle d'un partage interculturel et ça serait tellement bien si tout le monde le faisait régulièrement sans juger son prochain… ^^

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  • Cigdem Demir Cigi

    Coucou ma colinette ! Je suis contente d'avoir un petit message de ta part. Je pense la même chose, tout est semblable, nous ne sommes pas différents mais cherchons tous des différences… Je trouve que l'histoire de ce plat est magnifique car il parle d'un partage interculturel et ça serait tellement bien si tout le monde le faisait régulièrement sans juger son prochain… ^^

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